DIGUE

 

DE

 

SAINT-MAURICE-SUR-ADOUR

 

(40270)

 

 

 

 

 

SES  MÉFAITS  LORS  DES 

 

INONDATIONS

 

SUR  LES  VILLES

 

DE GRENADE  et  St-SAVIN  LARRIVIERE

 

SITUÉES  EN AMONT

 

 

 

 

 

                                   

Septembre 2013

 

 

 

 

 

HISTORIQUE  DE  LA DIGUE

 

 

 

 

TRAVAUX REALISÉS

 

DEPUIS SA CONSTRUCTION

 

 

 

 

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LES RAISONS   DES   MÉFAITS

 

 

 

 

            Jean Barrère

Géomètre Expert Foncier

            D.P.L.G.

 

 

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HISTORIQUE

 

 

 

 

 

 

 

 

SITUATION GEOGRAPHIQUE de L'OUVRAGE

 

 

 

 

 

La digue dite de St Maurice est située sur la rivière Adour dans le Département des Landes, canton de Grenade-sur-Adour. Cet ouvrage s'appuie sur les deux rives de l'Adour, rive droite commune de Saint-Maurice, rive gauche commune de Larrivière-St Savin. Peut-être pour justifier de certains travaux réalisés à l'ouvrage avant la révolution de 1789, il est nécessaire de préciser que la commune de Saint-Maurice était également propriétaire sur la rive gauche de l'Adour jusqu'au décret napoléonien daté de 1806, qui attribua à la commune de Larrivière la totalité des terres situées rive gauche, ayant appartenu à Saint-Maurice.

 

La digue se situe à environ 3 kilomètres en aval de Grenade-sur-Adour en suivant le cours du fleuve.

 

 

 

ORIGINE de L' OUVRAGE

 

 

 

Une des premières cartes du diocèse d'Aire, celle du Sieur de Classun en 1635, fait état d'un château à Saint-Maurice mais ne fait pas mention d'un barrage ni d'un moulin. La première représentation de cet ouvrage se trouve sur un plan parcellaire levé en 1742 par ordre de Monsieur de Sévigny Intendant de la Généralité d'Auch, dans le but d'effectuer une étude pour rendre navigable l'Adour entre Aire-sur-Adour et Saint-Sever. La rivière étant définie non navigable mais flottable. Ce plan fait état de la digue et mentionne sa hauteur de 4 pieds soit 1mètre 30.

 

 

 

Une délibération du conseil municipal de Grenade datée du 22 pluviôse an II, précise que le constructeur et propriétaire de la digue est le sieur Fortisson. « S'il est vrai que cette digue ait été construite par M.Fortisson, son existence ne remonte qu'à 50 ou 60 ans ; cependant M. Duval annonce dans sa pétition (1), que le moulin existe depuis des siècles et qu'il justifiera de son existence en 1320 et au delà. Pour concilier ces deux versions il faut supposer que la digue, abandonnée et détruite au commencement de la Révolution, a été rétablie plus tard par M. Fortisson. Ainsi écrit l'ingénieur des Ponts et Chaussés dans son rapport du 8 janvier 1849.(2)

 

 

 

BUT de la REALISATION de L'OUVRAGE

 

 

 

A l'origine, cette digue a été réalisée dans le but d'alimenter avec l'eau de l' Adour, un moulin à blé situé au château de Saint-Maurice. Ce château et son moulin attenant, se situent rive droite de l'Adour, La construction d'un canal de dérivation des eaux de l'Adour, permet d' amener l'eau au moulin du château.

 

Nous verrons plus loin que dans les années 1800-1840, d'importants travaux ont été réalisés à la digue notamment pour surélever son couronnement et réaliser un pertuis avec vannes à l'entrée du canal de dérivation pour alimenter d'autres moulins et usines, à proximité du château.

 

 

 

(1) Le 12 mars 1844, M. Sicard Duval propriétaire à St Maurice a fait auprès de M.le Préfet des Landes une demande en conservation de ses moulins et usines de St Maurice qu'alimente une dérivation des eaux de l'Adour.

(2) Règlement de l'usine de St Maurice, 2e rapport de l' Ingénieur ordinaire daté du 8 janvier 1849

 

 

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De ce fait, Monsieur Duval le propriétaire, dispose d'un plus grand volume d'eau qu'à l'origine. Le pertuis, et notamment un repère de référence existe toujours de nos jours et ce dernier a permis de transformer les cotes bathymétriques mentionnées sur un plan établi en 1849, en altitudes rattachées au Nivellement Général de la France (N.G.F.).

 

A cette époque, le château s'est équipé industriellement pour établir en plus du moulin à blé, un moulin à foulon, un moulin à huile, une scierie, ainsi qu'un réseau de canalisations pour irriguer les terres par ruissellement.

 

 

 

Plaintes dirigées contre l'établissement de Saint-Maurice

 

 

 

Suite à la demande en conservation des moulins de Saint-Maurice, formulées par M. Sicard propriétaire de la digue en 1844, l'enquête de Commodo et Incommodo réalisée par l'ingénieur des Ponts et Chaussées Sallebère a fait apparaître des plaintes de la part des gens de Grenade, jugées recevables qui ont nécessité l'étude d'un Règlement d'eau qui pour la première fois a donné une hauteur que devait avoir le couronnement de la digue comme nous le verrons ci-après, afin de ne pas nuire aux terres situées en amont. (voir règlement joint au dossier)

 

Pour être précis, il faut souligner que ce Règlement bien que souhaité par le Préfet et les Ingénieurs des Ponts et Chaussées, n'a jamais été approuvé à la demande du ministre de l'époque qui semblait vouloir protéger Madame Veuve Sicard. (dépêche ministérielle du 25 janvier 1865 du ministre Armand Bétix)

 

Comme indiqué ci-dessus, les surélévations du couronnement seront à l'origine des nombreuses plaintes des habitants de Grenade et de Larrivière peu après la révolution de 1789 concernant les débordements de l'Adour dans Grenade et ses environs du fait des travaux sur la digue.

 

 

 

Ainsi débute un différend toujours d'actualité entre les habitants de Grenade et Larrivière et la digue de Saint-Maurice. Différend que l'on a cru un temps réglé ( en 1981) mais l'intérêt des gens, la négligence et peut-être leur incompétence ont fait que ce problème est toujours d'actualité.

 

 

 

Quoi qu'il en soit, il résulte des délibérations du 22 pluviôse an II, et du 18 pluviôse an XII, qu'une Enquête de Commodo et Incommodo a été ordonnée concernant le maintien des usines telles qu'elles existent à cette époque.

 

Les motifs d'opposition des propriétaires contre la digue étant :

 

 

1) que l'ancienneté de la digue n'est pas établie, qu'elle paraît avoir été construite par M. de Fortisson, prédécesseur de M.Duval (délibération an XI) lequel Duval est dénommé Sicard Duval en 1849, dans les écrits officiels.

 

2) que la digue de Saint-Maurice a été exhaussée jadis sans autorisation contrairement aux lois et règlements, et que cet exhaussement a été signalé depuis longtemps par les riverains. M. Duval a été pris en flagrant délit d'exhaussement soit antérieurement soit postérieurement à 1841.

 

3) que la prescription ne s'acquiert pas en matière d'usine contre les riverains, surtout lorsque l'usinier n'est pas pourvu d'un Règlement d'eau administratif. Le soussigné de l'étude ne partage pas l'avis de M. Duval en ce qui concerne le droit de digue qu'il fait remonter à une époque antérieure à l'édit de 1566. Il pense que ce droit n'est pas absolu. Quant à la suppression des moulins de St Maurice et particulièrement du moulin à blé dont l'utilité est incontestable, personne ne l'a demandée. M. Duval n'établira pas sans doute que la hauteur et la longueur de la digue n'ont pas varié depuis 1566, puisqu'il n'existe pas de repère, puisque le contraire résulte des nivellements faits depuis quelques années.

 

 

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L'ingénieur précise : des dommages se produisent ; ils sont causés par la trop grande élévation de la digue ; les riverains ont le droit d'exiger, l'administration a le droit et c'est pour elle un devoir de prescrire l'abaissement de cette digue ; toute la question est là et il ne reste qu'à formuler un règlement d'eau qui donne autant de satisfaction à tous les intérêts, sans en excepter ceux de l'usinier.(3)

 

 

 

Le Règlement définitif du 8 janvier 1849

 

Il est important de préciser que ce règlement fait suite à une étude bien menée durant plusieurs années s'appuyant notamment sur un levé topographique et un profil en long de la digue de St Maurice bien détaillé. Ce profil en long est un état des lieux de la digue réalisé 8/01/1849 ; sa précision est remarquable.

 

TERMES DU REGLEMENT

 

M. Sicard Duval demeure autorisé à dériver un volume d'eau de 3,50 m3/S

 

1° La longueur de la digue sur l'Adour sera portée à 190 mètres.

 

Son couronnement sera placé horizontalement à 2,58 mètres en contrebas du plan supérieur des avant becs du pertuis de prise d'eau, point de repère.

 

Soit après calcul 49,58 mètres NGF

 

et non 50,51 comme relevé sur le profil

 

2° Le point d'eau de l'usine sera également fixé à 2,58 mètres en contre bas du repère

 

Soit après calcul 49,58 mètres NGF

 

et non 49,43 comme relevé sur le profil

 

Toutefois, M. Sicard Duval aura la faculté d'élever ce point d'eau de 0,70 mètre en contrehaut de la digue au moyen d'un barrage mobile formé de planches posées de champ ; mais il sera tenu d'abattre et d'enlever ce barrage pendant neuf mois de l'année depuis le 1er octobre jusqu'au 30 juin et aussi pendant les crues qui auraient lieu accidentellement pendant les mois de juillet, août et septembre.

  

Ainsi ordonne le 1er Règlement d'eau de la digue de Saint-Maurice. Bien qu' il n'ait jamais pu être appliqué officiellement il reste la référence absolue, quant à la hauteur du couronnement soit 49,58 mètres NGF. (voir plan joint au dossier qui fait état également des altitudes NGF )

  

Précisons que depuis l'existence de la digue jusqu'à ce règlement, la hauteur du couronnement de la digue n'a jamais été évoquée, la digue a été surélevée ou abaissée en fonction des besoins de l'usinier ou des plaintes des gens situés en amont.( Voir le graphique montrant la courbe suivie par le couronnement depuis son origine à nos jours ).

 

Ce règlement avait été approuvé et demandé par les ingénieurs des Ponts et Chaussées et par Monsieur le Préfet. Voir lettres n° 15 du 22 décembre 1863 approuvée le 27 décembre 1863, et 19 mars 1869 n°9. (4) mais jamais approuvé par le ministre

 

3)voir texte de l'enquête commodo incommodo du règlement d'eau du 8/01/1849

4)voir lettres jointes au dossier

 

 

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Evolution de la digue au fil du temps

 

 

 

1844-1869, Exhaussement de la digue par le propriétaire, les besoins en

       eaux sont plus importants en raison des usines et moulins réalisés au

       château. Dégâts en amont, plaintes des gens de Grenade situés en

       amont du barrage. S'en suit l' élaboration du règlement d'eau du 8

       janvier 1849, demandé par l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées

       et le Préfet mais jamais appliqué du fait de la lettre de M. le Ministr

       (voir en annexe)

 

        le 8/01/1849 Le couronnement est à 50,51 mètres, le règlement

        demande qu'il soit abaissé à la hauteur de : 49,58 mètres

        hauteur qui doit servir de référence

 

1869 -1980, Durant cette longue période,aucun document concernant

       l'utilisation de la digue, ne fait état de la hauteur du couronnement ; la

       hauteur du couronnement s'élève, descend, au gré des crues ou des

       destructions de l'ouvrage et des plaintes des riverains de l'Adour situés

       en amont.

 

En 1924, Durant la période ci-dessus, dans le cadre des grands travaux

       hydrauliques réalisés le long des cours des fleuves et rivières, le

       Service du Nivellement Général de la France a entrepris le profil et le

       nivellement de l'Adour, pour le compte du Service des Forces

       Hydrauliques.

       Que contient ce nivellement ? Ces travaux topographiques d'une

       extrême précision donnent une hauteur de l'élément nivelé par rapport

       au niveau de la mer. Ce point de référence est donné par le

       marégraphe situé à Marseille. Pour chaque point nivelé un croquis de

       repérage est joint avec la définition des repères. La précision obtenue

       est de l'ordre de 0,7 millimètre au kilomètre, du fait des calculs de

       compensation par les moindres carrés.

       La planche 9, fait état des repères de nivellement posés entre

       Saint-Sever et Cazères et notamment du nivellement du

       couronnement de la digue de Saint Maurice (5) :

                                 dont la cote est 50,20 mètres.

 

 

Ce nivellement est à comparer avec l'altitude d'aujourd'hui soit 50,51

 

 

       Ce document détenu par l'Institut Géographique National (I G N) a été

       utilisé comme référence pour donner la hauteur du couronnement lors

       du règlement d'eau pour le renouvellement d'exploiter en 2008.

       Cependant une « erreur de lecture » du projeteur a mentionné 50,51

       mètres et non 50,2 mètres !

 

En 1977, Un arrêté donne la possibilité à Mr Jugla de turbiner avec une

       micro-centrale pour une durée de 30 ans, soit jusqu'en avril 2007.

       L'autorisation est donnée à titre précaire et révocable sans indemnité.

 

      L' Arrêté ne fait pas mention de la hauteur du couronnement !

 

5) voir en annexe copie de la planche n°9 (recto original IGN avec la cote 50,20 m, au verso, planche modifiée, cote 50,51m

 

 

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En 1978, Crue de l'Adour 4,30mètres à l'échelle limnimétrique du pont de

       Grenade. La population montre son mécontentement devant cette

       nouvelle inondation. Les élus Monsieur Bouneau, sénateur, Conseiller

       Général, Jean Lamothe maire de Grenade ses adjoints Roger Dayres,

       Jean Dabescat et Jean Barrère, provoquent une réunion grand format

       à la préfecture. Assistent à la réunion : le Président du Conseil

       Général, les DDA, DDE et autres responsables. Un dossier est

       déposé par la municipalité faisant état des dégâts causés par la crue.

 

        La DDE et L'Institution Interdépartementale pour l'Aménagement

        Hydraulique du Bassin de l 'Adour charge SOGREAH de faire une

        étude pour traiter ce problème d'inondation de Grenade et Larrivière.

  

1980 Suite aux diverses réunions notamment du 20 février 1980, la DDE

        précise par lettre du 30 avril 1980, à M. le Président de

        l'Institution Adour,

 

        « Des cinq solutions étudiées par SOGREAH dans le cadre de son marché d'étude, une est préconisée. La solution A . Elle consiste à construire au droit du barrage de Saint Maurice, un ouvrage hydraulique abritant un clapet s'abattant dès que les eaux atteignent un certain débit. De plus l'ensemble du cours de l'Adour serait recalibré de l'amont de Grenade jusqu'au barrage. Enfin divers aménagements locaux sont prévus à la traversée de l'agglomération même.

Cette solution est le résultat des contraintes dont les principales sont :

-Le désir des collectivités d'avoir un abaissement de l'ordre de 1 mètre pour une crue de fréquence 30 ans (1971 ou 1978).

-Le souhait de ces mêmes collectivités de conserver un plan d'eau l'été.

-La nécessité de prévoir un dispositif d'évacuation des sables et limons charriés par les eaux sous peine de mettre en cause la pérennité d'un recalibrage seul. »

 

« L'estimation finale de la solution A (recette éventuelle non comprise) soit 14.347.000 frs TTC (2.187.043 €) Répartie comme suit :8 232 000 frs TTC (1 254 878 €) pour le recalibrage.

6 115 OOO frs TTC (932 165 €) pour la mise en place du clapet. Le financement du clapet était prévu pour 1981 réparti comme suit : 25 % subvention d'Etat, 30 % E P R puis à préciser : Institution interdépartementale 40 % ,contrat du Pays 3,6 % , Grenade/Larrivière 1,4 % ce financement était conforme aux chiffres avancés lors des diverses programmations du conseil d'administration.

 

 

Lors de cette étude la hauteur du couronnement de la digue est : 50,30 mètres

 

 

1982, Les travaux sont entrepris mais seul le recalibrage de l'Adour est

       effectué, la deuxième tranche qui consiste à mettre le clapet à la digue

       est programmée pour 1983.

 

1983, la deuxième tranche c'est à dire la mise en place du clapet de 10

       mètres de large, qui devait se mettre au droit de la digue est

       «oubliée», pourquoi ? Pour des raisons politiques ? Oui certainement ;

       de ce fait le protocole réfléchi, calculé, par les ingénieurs est sacrifié

       au bénéfice de certaines rivalités. Le clapet ne sera jamais réalisé.

       Certaines mesures sont effectuées comme des travaux dans la

       traversée de l'agglomération, comme la mise en place de clapets chez

       Mr de Portal ou aux sorties du réseau des égouts, une digue au niveau

       de Loubery, et un système pompage- refoulement chez Ado sont

       également réalisés.

 

1989, Des travaux de consolidation sont réalisés à la digue certainement par

       l'éclusier, s'en suit une surélévation du couronnement. On ne sait qui a

       donné l'autorisation de faire ces travaux ?

  

La hauteur du couronnement passe à 50,39 mètres.

 

 

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2007, L'Arrêté donnant à Mr Jugla l'autorisation de turbiner pendant 30 ans

       vient à terme. De gros travaux sont entrepris à la digue. Sur les

       conseils que Mr. Nouvière nous avait suggérés, afin d'éviter une tacite

       reconduction, j'ai repris contact le 9 mai 2007, avec la Préfecture,

       service de l'environnement, Mme Lagouarde, pour connaître où en était

       le nouvel Arrêté concernant l'autorisation de turbiner. Personne n'était

       au courant, ni la DDE ni la DDA (ces deux directions étaient en attente

       de fusion en DDTM).

       Mme Lagouarde, m'a demandé d' adresser un courrier à Mr. le Préfet

       pour expliquer l'objet de ma demande, (voir lettre en annexe datée du 3

       juin 2007)

       Puis les choses vont très vite, Mr. le Préfet par lettre du 22 juin 2007 me

       répond et précise qu'il va mettre en œuvre :

        - La constitution d'un dossier de demande d'autorisation de turbiner.

        - Une Enquête publique avec nomination d'un Commissaire Enquêteur.

        - Et qu'il transmet mon courrier à la DDE.

 

2007, Découverte aux archives Départementales des Landes du

       règlement d'eau du 8 janvier 1849, concernant la digue de St

       Maurice. Règlement mentionné ci-dessus page 5 que le ministre

       de l'époque n'a pas officialisé, mais dont la hauteur de la digue

       doit faire référence.

 

        Il faut rappeler que depuis l'origine de la digue de Saint-Maurice jusqu'en

        2008, aucun document officiel n'a mentionné, n'a fait état, de la hauteur

        du couronnement de la digue, par rapport à un point de référence. Or

        après de nombreuses recherches, cette découverte aux A.D.L.

        Concernant ce dossier que l'on peut appeler étude de référence sur

        plusieurs points, donne des hauteurs de calage du couronnement mais

        aussi du seuil du pertuis. Pour être précis cette étude approuvée par les

        Préfets, mais aussi par les ingénieurs de la Direction des Ponts et

        Chaussées, n'a jamais fait l'objet d'un Arrêté Ministériel car le ministre

        de l'Agriculture, des travaux publics,de l'époque Mr. Armand Behix a

         voulu protéger les travaux de surélévation de la digue réalisés par

         Madame veuve Duval, propriétaire des lieux.

  

2007, Nouvelle enquête pour la révision du PPRI approuvé par arrêté

       préfectoral du 16 mai 2003

 

       Rappelons que lors de l'enquête pour l'établissement du 1er PPRI,

       approuvé par arrêté du 16 mai 2003, Monsieur Mazuyer commissaire

       enquêteur nommé par décision du préfet des Landes, le 17septembre

       2002, proposait en conclusion de l'enquête : Que soit reprise l'étude

       SOGREAH qui a plus de vingtans....que soit remis en balance les

       risques humains et matériels sur ces zones par rapport à l'intérêt de la

       centrale électrique et le côté esthétique du plan d'eau.......que soit

       envisagé et chiffré soit l'aménagement de cette digue afin que son

       niveau puisse s'abaisser en cas de crues, soit l'aménagement sur la rive

       gauche d'un canal de dérivation.

  

Aucune suite n'est donnée à ces recommandations

 

2007, Le rapport du commissaire enquêteur du 28 XII 2007 (Mme

       Céline Cabrignac) concernant le nouveau PPRI approuvé le 3

       avril 2008 fait état :

 

       Aucune prescription à caractère obligatoire n'a été établie en direction

       des autorités compétentes en vue de réaliser les mesures de prévention

       prescrites dans l'étude de la SOGREAH en 1980, la question du rôle de

       la digue de St Maurice ..... pourrait être clarifiée.

 

 

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      La question du rôle de la digue de St Maurice dans la gestion des

      crues doit être posée en associant l'exploitant du site aux réflexions

      sur les mesures de prévention des inondations en tant que

      professionnel ( page 7).

      Observations concernant la pose du clapet sur la digue de St Maurice

      Réponse maîtrise d'ouvrage : en reprenant le rapport SOGREAH, on

      observe que l'abaissement souhaité était effectivement de l'ordre du

      mètre pour les crues débordantes .....cette condition ne s'applique pas

      aux crues catastrophiques telles 1952, l'abaissement aurait pour effet de

      supprimer les débordement d'une crue égale à celle de février 1978

 

 

Aucune suite n'a été donnée à ces avis

 

 

2008, Le PPRI approuvé le 3 avril 2008 précise :

 

       Le but recherché par l'étude SOGREAH de 1980, est d'abaisser les

       niveaux d'eau de l'ordre de 1 mètre pour les crues moyennes. Ce qui en

       fait correspond à l'aléa <1mètre dont fait référence le PPRI.

       La tranche de travaux réalisée malheureusement incomplète par

       rapport à l'étude SOGREAH de 1980, n'est pas de nature à protéger

       les zones habitées au delà de la cote 4,35m à l'échelle du pont (en

       fait suite à la crue de février 2013 l'eau commence à noyer les

       zones habitées aussi bien sur Larrivière que sur Grenade à partir

       de 4,00 m à l'échelle du pont)

 

 

Pourquoi est-il nécessaire et indispensable de revoir l'étude du clapet à la digue de Saint-Maurice ?

 

 

 

4/ LES ENJEUX (page 10 du rapport de présentation du PPRI avril 2008)

 

 

 

4.1 Sur GRENADE

 

- Tout le centre urbain historique, mais également des développements récents de l'urbanisation et 3 ou 4 maisons isolées, soit environ 1000 habitants,

 

-la quasi totalité des commerces (boulangerie, boucherie,Quincaillerie,presse, petite surface commerciale etc..)

 

-des activités artisanales (garages,station services,constructions mécaniques, préfabrications)

 

-deux ou trois exploitations agricoles dont une avec élevage de bovins,

 

-des activités de service (hôtel,restaurant,médecins,vétérinaires,banques)

 

-des services publics(mairie, gendarmerie, poste, trésor public,collège,écoles,

 

-des équipements publics (l'église,le cimetière,le camping,le gymnase,le centre socioculturel,le stade,la station d'épuration,)

 

-De plus tous les axes de circulation seront impraticables et en particulier la RN 124 qui est une voie importante de transit régional.

 

-Le pont de l'Adour sera impraticable obligeant une utilisation du pont de St Sever ou de Cazères.

 

Il convient de noter qu'une atteinte aussi globale à l'activité d'un bourg de cette importance est unique dans le département.

 

 Page 9

 

 

4.2 sur LARRIVIERE

 

-La moitié des habitations dont trois ou quatre maisons isolées sera sous l'eau soit environ 200 habitants

 

-Trois ou quatre activités commerciales ou artisanales

 

-la mairie, l'école, la salle polyvalente, et les arènes.

 

-les voies de circulation interne situées en contrebas des terrains seront impraticables.

 

 

6/ CHOIX DU ZONAGE ET MESURES REGLEMENTAIRES

 

 

Deux zones divisent le territoire des communes de Grenade et Larrivière

 

REGLEMENT

 

2.1 - Zone rouge : cette zone est inconstructible, l'existant peut être maintenu, l'augmentation de la population résidente y est strictement limitée, le développement est strictement contrôlé

 

2.2- Zone bleue :Zone où l'aménagement reste autorisé, en regard du phénomène d'inondation

 

Pour tout aménagement ou ouvrage nécessitant de positionner un niveau par rapport à la cote de référence, une connaissance de la cote NGF sera nécessaire. La cote de référence est indiquée dans le document graphique.

 

 

En conclusion, le fait d'abaisser de 1m le niveau d'eau pour les crues trentenales en mettant en place le clapet au niveau de la digue de St Maurice comme le préconisait l'étude SOGREAH de 1980 devient d'une urgence absolue.

 

Cela permettrait de réajuster à la baisse le niveau de référence des crues de supprimer l'aléa   < 1m et de ce fait d'élargir la zone bleue de surfaces importantes autour du centre historique de Grenade et peut-être de mettre le territoire de Larrivière hors d'eau dans une grande majorité ?

 

 

LA ZONE SITUEE AU NORD DE LA VOIE FERREE A GRENADE

 

 

Nous ne serions pas cohérent avec nous mêmes si nous occultions cette zone d'une surface d'environ 40 hectares, zone urbanisée en maisons individuelles, secteur délaissé, non pris en compte par le PPRI, pour la seule raison qu'il n'est pas baigné par l'Adour. Ce secteur extrêmement plat est arrosé par plusieurs ruisseaux et notamment le ruisseau de Bastore mais aussi celui du Comte, tous, se jetant au confluent de l'Argenté. Le facteur limitant se situe là pourquoi ?

 

Si des précipitations importantes de l'ordre de 100millimètres, dans ce secteur correspondent avec des niveaux de l'Adour de l'ordre de 3,80 m à l'échelle du pont de Grenade, l'écoulement des eaux ne se fait plus, et des inondations de cette zone sont à prévoir. Ce secteur a déjà connu plusieurs inondations et des projets de constructions en cours doivent faire craindre de nouveaux risques d'inondation.

 

Je dois préciser que les élus, suivant les conseils prodigués par les différentes administrations, ont toujours été destinataires du double de mon courrier mais la plupart d'entre eux y compris les responsables ont toujours refusé une explication sur mes remarques.

 

 

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2008, Renouvellement de l'autorisation de turbiner avec une

        micro-centrale, suite à l'enquête publique réalisée par le commissaire

        enquêteur Monsieur Alain GARCIA, et suite aux conclusions rendues

        par ce dernier (lettre du Secrétaire Général du 10 janvier 2008)

 

        Cette autorisation est donnée pour 30 ans, à la S.N.C. Hydroéléctrique

        du Sud Ouest, « RETAINIA » 64780 IRRISSARY

 

        Cette autorisation a appelé de notre part des remarques dont les

        réponses faites par le commissaire enquêteur ne pouvaient nous

        satisfaire ce qui a nécessité de notre part une lettre à Mr Le préfet datée

        du 16 XI 2008, dont les principaux points sont:

 

        Article 1 Section Aménagée, page 2

 

       ....créant une retenue à la cote normale 50,51 mètres NGF ,

 

       remarques : que veut dire à la cote normale et quel document, quel

       règlement d'eau, a permis de donner cette cote 50,51 mètres

 

       Article 5-Caractéristiques de la prise d'eau

 

       Le niveau normal de la retenue est fixé à 50,51mètres NGF.

 

       Remarque : en vertu de quel arrêté cette cote est fixée à 50,51 NGF?

 

 

       Article 6- caractéristiques du barrage et des ouvrages annexés

 

       1- Barrage prise d'eau

 

       Il s'agit d'un barrage de type barrage poids ....il est répertorié au P.K.

      11,4 du profil en long de l'Adour par l'IGN, sa crête est arasée à la cote

      50,51 NGF.

 

      Remarque : je me permets de vous préciser, que sur le document de

      l'IGN fourni par Saint-Mandé siège de l'Institut Géographique National,

      cité ci-dessus, il est fait mention d'une cote NGF de 50,20 et non de

      50,51 soit 31 centimètre au dessous. Le projeteur a manifestement fait

      « une erreur de lecture » !Alors quoi faire ?

 

 

       Article 10, Repère

 

       Le permissionnaire, en un point qui sera désigné par le service de la

       police des eaux, devra assurer l'existence d'un repère définitif [ ]rattaché

       au nivellement général de la France.

 

       Remarque : Nous avons retrouvé et l'avons signalé aux différents

       services, la présence sur les lieux d'un repère de nivellement dont fait

       état le règlement d'eau de 1849 déjà cité ci- dessus. Ce repère permet

       de démontrer que la crête du barrage est calée, 93 centimètres trop

       haut par rapport au règlement d'eau.

 

       Comment dans le temps cette digue a été surhaussée de 93

       centimètres ? Les nivellements donnent :

 

       31 centimètres entre la réalisation actuelle (50,51) et la cote relevée sur

       le profil IGN en 1924 (50,20) et 62 centimètres entre le règlement d'eau

       de 1849 ( 49,58 ) et 1924 (50,20).

 

2010, 25 août. Monsieur Duzer Président de l'Institution Adour, écrit à

       Mr le Préfet lettre n°972 ² MR/CD pour lui signaler «  les points

       soulevés par Mr Barrère méritent une attention particulière car il en va de

       la protection de Grenade contre les crues de l'Adour et je m'associe à sa

       demande. Mes services restent à votre disposition pour examiner cette

       problématique et pour envisager des solutions partagées et concertées

       entre les parties concernées (Administrations, Institutions Adour,Usinier

       et communes,)

 

2011, Lettre de Mr. le préfet (Evence Richard) daté du 17 janvier 2011, il

       répond et reprend plusieurs points comme le règlement de 1849, il fait

       allusion aux cotes bathymétriques et non NGF, il rejoint nos propos mais

       les conclusions ne répondent pas à nos questions. Il évoque la mauvaise

       lecture faite sur le profil IGN de 1924, il précise simplement que c'est

       possible.

 

 

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       Il termine en disant : « Il est conseillé aux collectivités publiques

       compétentes d'étudier plus précisément les conditions d'écoulement de

       la crue de référence dans le secteur de Péhine et méandre de Pouy » Je

       vous invite à vous rapprocher de ces collectivités.

 

2013 février, nouvelle crue à Grenade et Larrivière, la première depuis

       1981

 

       A 16 heures l'eau était à 3.80 à l'échelle du pont, à 19 heures l'eau était

       à 3.98 m à l'échelle du pont. à 4.05m l'eau sortait devant la Gendarmerie

       puis courait dans les caniveaux en face de Chez Dabescat. Les

       boulangers ont déménagé des affaires pour les transporter à Larrivière.

       Depuis, le magasin de la boulangerie a été installé à Larrivière. Les

       jardins Dargelos étaient recouverts de 10 centimètres d'eau. Le niveau de

       l'eau est monté jusqu'à la cote 4.15m à 23 heures puis le niveau a

       baissé. La pompe de refoulement installée chez Ado a fonctionné mais

       elle a vite montré les limites de ses possibilités.

 

       D'autres maisons rue du cimetière rive sud, ont eu l'eau dans leurs

       dépendances. Mr Despujol également. L'eau a couru également jusqu'au

       parking Dupin (école privée). Beaucoup de caves ont été inondées

       (Perrier, Barrère Micheline,Minoué etc..)

 

       Sur le territoire de Larrivière en amont du pont, les voitures situées sur le

       parking avaient de l'eau jusqu'aux moyeux des roues, à Laburthe des

       cours et jardins ont été inondés.

 

 

       Note : la pompe installée chez Cazaux à Condom, dont le rôle est de

       refouler dans l'Adour les eaux de ruissellement quand les clapets sont

       fermés, semble peu efficace au dessus de 4,15 à l'échelle du pont.

       Pourquoi ? son débit est de 500 m3 heure soit 0,15 m3/seconde, alors

       que le volume d'eau qui passe dans l'Adour à la hauteur de 4.00 m à

       l'échelle du pont est de 700 m3/seconde et à 4,50 m est à plus de 800

       m3/S.

 

 

23 AOÛT 2013, Réunion à la Mairie de Larrivière, dans le seul but de

       fournir des explications sur les dangers des inondations suite à

       l'état des lieux, suite à l'évolution, de la digue de St Maurice.

 

       Cette réunion fait suite à une réunion préparatoire de juin 2013, à

       laquelle assistaient les Maires de St Maurice et de Larrivière qui avaient

       bien voulu me recevoir. Une vingtaine de personnes étaient présentent à

       la Mairie le 23/08/2013, notamment deux ingénieurs de l'Institution,

       nouveaux arrivants du fait du renouvellent de la Direction, mais aussi des

       membres de l'association des riverains de l'Adour. Les élus grenadois

       n'ont pu être présents du fait d'un déplacement prévu depuis longtemps,

       excepté un adjoint membre également de la vallée moyenne de

       l'Adour(SIMAL.

 

       Après avoir donné des explications sur les dangers toujours présents

       des inondations, le but recherché s'est focalisé sur la possibilité d'obtenir

       audience auprès des autorités compétentes en toute légalité.

 

 

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Comment remédier à ces désordres, quelles solutions adopter ?

 

 

En premier, résumons non ces erreurs, mais ces fautes, citées ci-dessus

 

 

            1) Non respect du protocole SOGREAH de 1980 en ignorant la mise

            en place du clapet à la digue de St Maurice. Clapet qui ne devait pas

être dissocié du recalibrage

 

2) Surélévations outrancières du couronnement de la digue

 

93 centimètres depuis le règlement d'eau de 1849

 

            dont 31 centimètres depuis le nivellement IGN de 1924,

 

            et 21 centimètres depuis l'étude SOGREAH de 1980,

 

            3) justifier dans l'autorisation de turbiner de 2008, une surélévation du

            couronnement de la digue , par une lecture erronée, par une

            mauvaise lecture, de la cote de référence du document officiel de

            I.G.N, (Institut Géographique National).

 

Il ne nous appartient pas de décider, de montrer la voie à suivre, mais faisons confiance aux études réalisées, aux ingénieurs qui ont conçu ces études avec des modèles mathématiques élaborés, confions à SOGREAH le soin de réajuster son étude en fonction des surélévations de la digue depuis leur étude de 1980 à savoir 21 centimètres de rehaussement.

 

Remédions au HIATUS que les responsables ont créé en ne respectant pas le protocole SOGREAH, Puis comme le souligne Monsieur le Préfet, mais aussi les différents commissaires enquêteurs, ou d'autres décideurs

 

«  examinons cette problématique et pour envisager des solutions partagées et concertées entre les parties concernées (Administrations, Institutions Adour,Usinier et communes,) »

 

 

 

Nota : Une visite d' un type de clapet situé sur la rivière du Gers, commentée par un technicien de la Communauté d'Auch (32000) à laquelle étaient invités notamment deux adjoints de la municipalité de Grenade, un conseiller, ainsi que le maire de Larrivière, a permis de se faire une idée du fonctionnement de cet ouvrage.

 

 

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PIECES JOINTES AU DOSSIER

 

 

1- Profil en long de la digue de St Maurice avec les principaux points calculés en altitude NGF

 

 

2-schéma donnant l'évolution de la crête du barrage dans le temps

 

 

3-Règlement de l'usine de St Maurice du 8 janvier 1849 (page 1) au verso dernière page 20

 

 

4-Lettre au service de l'Environnement datée du 3 juin 2007

 

 

5- copie du profil en long IGN original et au verso copie du même profil modifié.

 

 

6- copie lettre adressée à Mr le préfet par Mr Duzer président de l'Institution

 

      

 

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